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Sénégal: Khalifa Sall et sept de ses collaborateurs renvoyés devant la justice

Au Sénégal, l’information est désormais confirmée : Khalifa Sall sera jugé.

Accusé notamment de détournements de deniers publics, à hauteur de 1,8 milliard de francs CFA (2,7 millions d’euros), le député-maire de Dakar, en prison depuis mars, dernier est renvoyé devant le tribunal correctionnel avec ses sept collaborateurs.

Avec notre correspondant à Dakar, Guillaume Thibault

Hasard ou non du calendrier, le doyen des juges a bouclé son dossier au moment où tous les regards étaient tournés vers l’aéroport Blaise Diagne, inauguré ce jeudi. Les avocats de Khalifa Sall comme ceux de l’Etat ont été prévenus en fin de journée.

Le doyen des juges, Samba Sall, a précisément ordonné un renvoi en police correctionnelle des coaccusés, autrement dit, il demande la tenue d’un procès comme l’exigeait le procureur dans son réquisitoire. Désormais, trois juges du tribunal de grande instance de Dakar vont hériter du dossier et devront donc organiser le procès et définir notamment le calendrier.

Satisfaction du côté des avocats de l'Etat

Satisfaction affichée ce vendredi du côté des avocats de l’Etat, partie civile dans ce dossier sensible, qui excluaient la possibilité d’un non-lieu. « Le doyen des juges a rendu une ordonnance de renvoi en police correctionnelle. Nous allons tout droit vers un procès. Nous sommes satisfaits parce que l’instruction a suivi son cours. De l’autre côté, on a voulu dresser des obstacles pour empêcher la clôture du dossier alors qu’il s’agit d’un dossier d’une simplicité biblique. Monsieur Khalifa Sall est poursuivi pour une kyrielle d’infractions. Je ne dis pas que monsieur Khalifa Sall est coupable parce que, jusqu’à présent, il est présumé innocent. Il peut exposer tous les arguments qu’il veut. Maintenant, il appartiendra au tribunal d’apprécier de sa culpabilité ou de sa non-culpabilité. Notre objectif nous, c’est que la partie civile qui est l’Etat du Sénégal a subi un préjudice et nous allons demander réparation de ce préjudice », explique Me Boubacar Cissé, avocat de l'Etat du Sénégal.

La caution rejetée

Du côté de la défense de Khalifa Sall, on dénonce une fois de plus une procédure à charge. Les avocats ont multiplié les requêtes et estiment qu’elles n’ont pas été étudiées par le doyen des juges, selon maître El Mamadou Ndiaye, avocat de Khalifa Sall, interrogé il y a quelques minutes à la sortie de la prison de Rebeuss de Dakar où il a rencontré son client : « Khalifa, sa position n’a jamais changé. Lui il veut d’un procès, mais encore une fois un procès répond à des normes. Nous, avocats de Khalifa Sall, ce que nous demandons, c’est qu’on y mette les formes. Nous sommes prêts à aller à un procès, mais on ne peut pas aller à un procès tant que les droits de la défense ne sont pas respectés. Or, aujourd’hui, ce qui est en jeu, c’est plus important qu’un procès ; ce qui est en jeu, c’est les principes de droit ; ce qui est en jeu, c’est les droits de la défense. On ira au procès, mais encore une fois, nous tenons à rappeler que le temps de la justice n’est pas le temps du politique. Encore une fois, nous en appelons aux autorités, au respect des droits de la défense, au respect du temps de la justice ».

Le doyen des juges a également rejeté la caution, sous forme d’hypothèque déposée mardi. Khalifa Sall, candidat potentiel à la présidentielle de 2019, n’a donc pas obtenu de liberté provisoire et sera jugé en restant en détention, il est soupçonné de détournements de deniers publics, association de malfaiteurs et escroquerie portant sur des deniers publics.

RFI 08-12-2017

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